Non, le voyant de ton Linky n’est pas une caméra.
Et non, couper l’interrupteur ne te protège pas.
Voici un tour d’horizon de 12 préjugés sur l’électricité qui ont la vie dure — et qui peuvent parfois coûter cher, voire être dangereux.
Merci à Remy, auteur de la chaîne “les Disjonctés” pour son partage !
1. Couper l’interrupteur = sécurité ?
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Couper la lumière via l’interrupteur de ta pièce ne te met pas en sécurité pour travailler sur le circuit. Quand tu actionnes l’interrupteur, tu ne coupes que la phase. À l’intérieur du câble qui alimente ton luminaire, il reste toujours deux conducteurs : la phase (coupée par l’interrupteur) et le neutre, qui lui reste actif.
Si tu as plusieurs lampes sur un même disjoncteur et que l’une d’elles est allumée ailleurs, le neutre circule toujours en continu. Le neutre est un conducteur actif : il peut représenter un danger.
La bonne pratique : pour intervenir en toute sécurité, il faut couper le disjoncteur correspondant au circuit, pas simplement l’interrupteur.
2. Les Heures Creuses, vraiment avantageuses ?
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On pousse souvent les consommateurs à prendre un contrat heures creuses. Sur le papier, le kWh en heure creuse est moins cher (15,79 centimes contre 20,65 centimes en heure pleine chez EDF). Mais le kWh en option base est à 19,27 centimes, ce qui est déjà moins cher que l’heure pleine.
En prenant la consommation moyenne française d’environ 4 000 kWh par an (soit ~333 kWh/mois) :
- Option base : 333 × 0,1927 = 64,23 €/mois
- Option heures creuses avec 40 % en HC (scénario optimiste) : 200 kWh en HP (41,30 €) + 133 kWh en HC (21 €) = 62,03 €/mois Le gain est d’environ 2 € par mois, soit ~24 € par an, pour une organisation contraignante (faire tourner le chauffe-eau et les machines la nuit, etc.). Et si tu n’arrives à basculer que 20 % de ta consommation en heures creuses, tu payes carrément plus cher qu’en option base.
L’intérêt des heures creuses est donc très limité pour la plupart des foyers, sauf si tu as une consommation très élevée et très décalable (gros chauffe-eau, véhicule électrique…).
3. Déplacer une prise, c’est si facile que ça ?
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On pense souvent que déplacer une prise, c’est trois fois rien. En réalité, même un déplacement de quelques centimètres peut devenir un vrai chantier :
- Il faut rallonger le câble et conserver un boîtier de connexion à l’ancien emplacement.
- Les rails dans les cloisons rendent le passage des câbles compliqué : il faut parfois percer plusieurs trous pour aiguiller le câble d’un passage à l’autre.
- Selon le type de mur (brique, placo, béton…), les outils et le temps nécessaires varient énormément.
- Des travaux induits peuvent apparaître : rebouchage, finitions, goulottes visibles… Bref, ce qui semble anodin peut mobiliser de nombreux outils, du câble, des connecteurs, des boîtiers spéciaux, et prendre bien plus de temps que prévu.
4. Le voyant du compteur Linky nous observe-t-il ?
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Non, le petit voyant lumineux qui clignote sur le compteur Linky n’est pas une caméra. C’est simplement un compteur d’impulsions : chaque clignotement correspond à la consommation d’1 watt-heure (Wh).
Il faut donc 1 000 clignotements pour atteindre 1 kWh, soit environ 20 centimes de consommation. Rien de mystérieux ni de suspect : c’est un indicateur visuel de ta consommation en temps réel.
Là où le bât blesse en revanche, c’est que le Linky, présenté comme « gratuit », est en réalité financé via les augmentations de tarif et les taxes sur la facture.
5. Une plaque à induction explose-t-elle la facture ?
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Beaucoup de gens pensent qu’une plaque à induction coûte très cher en électricité. En réalité, une plaque 3 feux à 7 000 W utilisée pendant 1 heure à pleine puissance consomme 7 kWh, soit environ 1,40 € par jour. Mais personne n’utilise 3 feux à pleine puissance pendant une heure entière chaque jour. En usage réaliste (~20 minutes), on tombe plutôt à 50 centimes par jour, et souvent moins.
À l’inverse, un combiné réfrigérateur-congélateur classé B ou C consomme environ 200 W en continu, 24h/24, 365 jours par an. Cela représente environ 4,8 kWh par jour, soit 56 centimes quotidiens, que tu sois chez toi ou en vacances.
Le réfrigérateur-congélateur est donc l’un des postes de consommation les plus coûteux en électroménager, bien plus que la plaque de cuisson.
6. Un circuit 2A, ce n’est pas dangereux ?
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On entend parfois qu’un petit circuit protégé par un disjoncteur 2 ampères (comme celui de la VMC) n’est pas dangereux. C’est complètement faux. Voici les seuils de danger du courant sur le corps humain :
- 1 mA (0,001 A) : perception du courant, picotements
- 5 mA : choc électrique
- 10 mA : crispation musculaire
- 30 mA : tétanie musculaire et paralysie respiratoire
- 75 mA : fibrillation cardiaque
- 1 000 mA (1 A) : arrêt cardiaque Or, 2 A = 2 000 mA. Le corps humain ayant une résistance moyenne d’environ 1 000 ohms, un contact avec du 230 V domestique (I = U/R = 230/1000) envoie 230 mA à travers le corps. C’est largement au-delà du seuil mortel.
C’est d’ailleurs pour cette raison que les interrupteurs différentiels 30 mA sont obligatoires : ils coupent le circuit en quelques millisecondes avant d’atteindre le seuil de danger vital.
7. Un petit coup de jus, ce n’est rien ?
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Dans le milieu du bâtiment, on entend souvent « c’est le métier qui rentre » après un coup de jus. Sauf que ce n’est jamais anodin.
Le corps humain fonctionne grâce à des signaux électriques de l’ordre du millivolt. Quand tu reçois 230 V, c’est 100 000 fois plus que ce que ton organisme utilise normalement. L’analogie parlante : c’est comme mettre un moteur de Ferrari dans une vieille 2CV et la lancer à 400 km/h pendant une minute. Même si elle « survit », impossible de savoir si tout fonctionne encore correctement après.
Même un « petit » coup de jus peut provoquer des dommages invisibles, surtout si tu as des antécédents cardiaques (même sans le savoir). L’électricité ne s’évacue pas instantanément du corps et peut causer des lésions qui se manifestent plus tard.
8. Mon disjoncteur saute sans raison ?
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« Mon disjoncteur saute alors qu’il n’y a rien d’allumé » est une phrase très courante. Plusieurs choses à comprendre :
Premièrement, ce n’est généralement pas un disjoncteur qui saute, mais un interrupteur différentiel, qui coupe toute une rangée du tableau. Deuxièmement, même quand rien n’est « allumé », les fils restent connectés aux bornes des appareils. Le neutre, notamment, est toujours actif.
La cause la plus fréquente : de l’humidité qui s’infiltre dans un équipement électrique extérieur (prise, luminaire…) et provoque un contact entre la terre et un conducteur actif. Le différentiel détecte cette fuite de courant (il compare ce qui part dans la phase et ce qui revient dans le neutre) et coupe le circuit.
Méthode de diagnostic : tout débrancher (multiprises, électroménagers, etc.), éteindre les lumières, et voir si ça saute toujours. Si oui, le problème est dans l’installation fixe elle-même, pas dans un appareil branché.
9. Un électricien peut tout réparer ?
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Un électricien est spécialiste de l’installation électrique : les fils, les gaines, le tableau, les prises, les interrupteurs — tout ce qui est dans les murs. Ce n’est pas un réparateur d’électroménager, un électronicien, ni un électromécanicien.
Un électricien du bâtiment ne répare pas les fours, les lave-linge, les ordinateurs ou les imprimantes. Il touche un peu à l’électronique sur les automatismes de portail, par exemple, mais de façon très simplifiée. Pour les appareils complexes, il faut faire appel à un technicien spécialisé en électroménager ou en électronique.
10. Remplacer un radiateur “grille-pain” fait-il vraiment économiser ?
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La théorie dit « 1 000 W = 1 000 W » : qu’il s’agisse d’un vieux convecteur ou d’un radiateur à inertie en fonte, la consommation brute d’énergie est identique pour chauffer une même pièce à la même température. C’est vrai sur le plan physique pur.
Cependant, les radiateurs modernes présentent plusieurs avantages réels :
- Sonde de température plus précise : un vieux convecteur avec une sonde défaillante après 30-40 ans ne coupe pas au bon moment et surchauffe la pièce inutilement.
- Fonctions intelligentes : détecteurs de présence, d’ouverture de fenêtre, programmation, abaissement automatique — ces fonctions génèrent de vraies économies.
- Confort thermique : un radiateur à inertie diffuse une chaleur homogène et douce, là où un convecteur projette des vagues d’air chaud désagréables. Résultat : tu te sens bien à 20 °C avec un bon radiateur, alors qu’il fallait monter à 22 °C avec le convecteur. La vraie question reste celle de la rentabilité : un radiateur à 1 000 € se rembourse-t-il sur la durée par rapport aux économies réelles qu’il procure ? C’est un calcul au cas par cas.
11. Être électricien, c’est juste poser des tableaux et des prises ?
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Le branchement d’appareils électriques ne représente qu’environ 20 à 30 % du temps de travail d’un électricien en habitat. Le reste, c’est :
- Casser des murs pour passer des câbles
- Faire des saignées et des aiguillages
- Se contorsionner dans les combles
- Creuser des tranchées extérieures (parfois sous la pluie)
- Tirer des gaines dans des conditions souvent inconfortables En rénovation, c’est encore plus marqué : l’essentiel du travail est du passage de câbles, du perçage et de la maçonnerie légère. Le câblage du tableau électrique, le moment le plus « noble » et satisfaisant, ne représente qu’une petite fraction du chantier.
12. BONUS : Sécurité — Brancher une lampe pour vérifier, ça suffit ?
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Méthode courante : tu branches une lampe dans la prise, tu vas au tableau, tu coupes le disjoncteur, la lampe s’éteint → tu te crois en sécurité. Sauf que ce n’est pas fiable.
Si le tableau a été mal câblé, ta prise peut être alimentée par deux disjoncteurs différents. Le disjoncteur que tu as coupé ne coupait peut-être que le neutre, tandis que la phase arrive par un autre disjoncteur. La lampe s’éteint (pas de neutre = pas de circuit), mais la phase est toujours présente sur les bornes de la prise. Tu touches les fils → 230 V.
Autre cas vicieux : dans les maisons mitoyennes ou divisées, une prise peut être alimentée par le tableau du voisin.
Recommandation : si tu n’as pas d’appareil pour vérifier l’absence de tension (VAT ou au minimum un multimètre), coupe le disjoncteur général. Et même dans ce cas, reste vigilant si tu es dans une maison ancienne, mitoyenne ou ayant subi des divisions.
Crédits
Merci à Remy, auteur de la chaîne “les Disjonctés” pour son partage !
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